un oubli de dernière minute
Déconfinement
Vous verrez combien une foule se transfigure quand vous projetterez sur chacun des individus qui la composent, le mystère de votre âme, et que vous estimerez ses besoins à la mesure des vôtres, en lui reconnaissant un droit égal d’y satisfaire. Chacun porte en soi, comme vous-même, quelque chose d’unique, avec la même soif de connaître, de vivre et d’aimer. Chacun, à sa manière, est une fin : « Agis, dit Kant, de manière à traiter toujours l’humanité, soit dans ta personne, soit dans celle d’autrui, comme une fin et jamais comme un moyen. » On ne peut mieux définir le sens du redressement qui s’impose en l’organisation actuelle du monde, si les institutions sociales et les solidarités économiques ont vraiment pour objet le développement universel de la personne humaine. Toutes nos activités sont à quelque degré interchangeables, et la plupart pourraient être accomplies par des machines. L’acte irremplaçable, c’est le rayonnement de l’être, le sourire de la bonté, l’élan du cœur : tout ce qui vient du dedans, en la gratuité du don. C’est par là que tout être est nécessaire, que toute vie est infinie : le pain, qu’on achète et qu’on vend, peut être le symbole d’une communion, si les mains qui se touchent et les regards qui s’affrontent, laissent passer la lumière des âmes.
Texte de Maurice Zundel « L’Evangile intérieur « le titre est de moi , Je lui trouve une résonnance avec ce que nous vivons actuellement !
Vivement nos retrouvailles.
Gérard Devidal