le pertuis (1025 ) 18/10/2012
(26 Km, 700 m de dénivelé)
Nous sommes douze élus pour cette randonnée aux confins de l’Yssingelais et du Velay. Douze apôtres de la randonnée pédestre. Et nous marchons ce jour sous la protection du Dieu
ÉOLE, le maître des vents et des tempêtes. Celui là même qui s’acharne sur les casquettes mal ajustées et qui trouve en Pierre (et le loup) une tête de Turc idéale. Merci à Josiane de lui avoir
ramené tout au long de la journée ce complément capillaire sans lequel il eut pu prendre un « rhume de cerveau » comme on dit par ici.
Crénom que ce maudit vent est pénible ! Heureusement le ciel nous offre davantage d’agréments et la journée reste baignée de ciel bleu dans lequel voyagent pleins de moutons paisibles.
La pluie n’arrête pas le pèlerin dit-on, alors ce n’est pas le vent qui freinera la progression des Pieds Plats bien décidés à gravir monts et forêts pour admirer sous toutes les coutures les sucs alentours, comme autant de gorges impudentes.
Premier point de vue, première montée, La Huche Pointue qui culmine à 1034 m ; une vue à couper le souffle ; sauf celui du vent égaré en ces lieux et qui nous saisit à nouveau au sommet du suc.
Puis, direction l’ancienne voie ferrée de la « Galoche », via Hautevialle, pour rejoindre, près de Rosières, le ravin de Corboeuf.
Ce ravin que certains n’hésitent pas à appeler fièrement le « Petit Colorado » est un témoin du passé ; l’époque où un grand lac occupait le bassin de l’Emblavez et celui du Puy. Je vous parle d’un temps que les moins de 40 millions d’années ne peuvent pas connaître.
La beauté du lieu tient à la diversité des couleurs qu’ont les argiles, rouges à la base, puis vertes, bleues et ocres, entrecoupées de niveaux blanchâtres.
Mais Pierrot crie famine et nous rejoignons Chastel pour nous restaurer à l’abri du vent tout en profitant de la douce chaleur que nous procurent les rayons bienfaisants du soleil à son zénith.
Puis il est temps de rejoindre à nouveau l’ancienne voie de la Galoche qui longe les gorges de la Suissesse et qui reliait dès la fin du XIXème siècle Rosières à Yssingeaux ; elle faisait partie du vaste réseau du Vivarais qui serpentait à travers des sites bucoliques de
La Voûte sur Loire à La Voûte sur Rhône. Elle nous mène humbles marcheurs au pied de la chapelle de Glavenas en nous dévoilant ses courbes majestueuses et ses viaducs impressionnants.
La Chapelle de Glavenas figée sur son piton rocheux à 980 m d’altitude reste le seul vestige d’un château datant de 1208 ; son charme et son panorama
extraordinaire tant sur l’Yssingelais que sur le Velay en font un site inoubliable. Mais là encore, Éole le coquin, nous attendait et tourbillonnant entre les corps, joua avec les casquettes,
effleura les visages, gifla les oreilles, dépeigna les plus chevelus, se faufila sous les coupe-vent, et finit par nous faire fuir de ce site merveilleux.
De retour au Pertuis, les douze disciples de la secte des Pieds Plats se réunirent autour de la sainte table du café du coin pour partager le pain et le vin, en fait la pogne et le verre de l’amitié ; quelle belle cène quand même ! (Pardon, je voulais écrire scène).