Nous sommes 43 vaillants randonneurs à nous regrouper à la gare de Bas-Monistrol sous un beau ciel bleu dégagé, et par -1°C, bien décidés à partir à l’assaut de quelques sites discrets, cachés dans une nature sauvage aux abords de Monistrol-sur-Loire (programme matinal : 14 Km pour 250 m de dénivelé).
Pour commencer, petit échauffement dans la plaine de Bas-en-Basset, aux confins du Forez et du Velay, pour profiter au mieux du soleil en captant la douce chaleur de ses rais matinaux. On flirte avec Les Salles et Basset ; et après être passés sous le viaduc ferroviaire pour rejoindre Le Bois Pilé, nous commençons vraiment notre parcours de découverte. Nous sommes chauds et confiants… Et déjà se profile une première difficulté ; en effet, le passage du gué aménagé sur le ruisseau de Foletier s’avère délicat car ce dernier est bien gonflé, et le givre matinal ne s’est pas encore totalement résorbé. Passage coquin certes, mais rien n’arrête une troupe déterminée. Tous passent sans encombre avec moult précautions ; tous, enfin presque… Mais un chaland, c’est bien connu ne coule pas !
La solidarité s’organise… Et la troupe repart à l’assaut du château de Foletier caché dans les bois. On dirait le château de la belle au bois dormant ! Ce château au style féodal, moyenâgeux, est une des résidences d’une noble famille du Velay, les Jourda de Vaux, qui compta un maréchal de France, Noël Jourda de Vaux, seigneur de Chamalières, de Retournac, et d’Artias, baron de Roche-en-Régnier et des États du Velay… Meneur d’hommes et grand stratège, il a servi Louis XV et Louis XVI. Il a surtout laissé une empreinte indélébile dans l’histoire de France… En pacifiant définitivement la Corse en 1769, il a contribué à orienter tout l’avenir de notre pays ; car c’est ainsi que le petit Napoléon Bonaparte est né Français, a grandi Français et a voué toute sa vie à la France, léguant notamment aux citoyens que nous sommes un Code Civil qui régit encore aujourd’hui nos vies. Et pourtant qui connaît cet enfant du Velay, un gars bien de chez nous, et son histoire hors du commun ?
Nous quittons l’histoire de France pour reprendre notre histoire du jour et rejoindre près de Cheucle le GR de Pays des Gorges de la Loire qui nous amène au Pinet. Monistrol-sur-Loire nous attend ; nous contournons son château et nous nous engageons dans ses vieilles ruelles au charme discret. Peu après, changement de décor ; nous plongeons subitement dans une nature sauvage, presqu’au cœur même du bourg, par un sentier étroit et parfois glissant ; notre deuxième difficulté du jour. Et nous découvrons un site inattendu, les gorges du Bilhard. Ici la rivière a creusé son lit dans le granit, créant définitivement, cascades et vasques appelées aussi marmites de géant. À couper le souffle !
Mais à propos de marmite, il y en a une qui nous attend, pleine d’une bonne soupe aux choux, avec tout ce qui va avec… Il est temps de la rejoindre.
Nous descendons le ruisseau du Piat jusqu’à son confluent avec le ruisseau de Saint Marcellin, là où il donne naissance au ruisseau de Foletier traversé tôt le matin. À cet endroit et un peu plus loin, restent les vestiges de vieux moulins dont le dernier a cessé de fonctionner dans les années 1930.
Nous remontons sur Chaponas, et filons d’un bon pas sur la gare. En voitures les voyageurs ! Nous rejoignons l’amicale de la plage où le kir coule déjà à flots !
Instant de convivialité bien mérité et bien apprécié ; et pour faire passer le tout, quelques bugnes préparées avec amour par Josiane et Danièle…
Ragaillardis par ce régime alimentaire, 28 récipiendaires sont admis à une promenade digestive de 8 km au dénivelé aussi plat que l’électrocardiogramme d’un squelette.
Petite balade entre les étangs de Bas-en-Basset nés d’anciennes gravières et qui abritent de très nombreuses espèces d’oiseaux, nicheuses et migratrices. L’espace de deux heures ce lieu préservé a pu voir passer de drôles d’oiseaux aux pieds plats et aux ventres rebondis.
Ce fut une belle journée au goût de printemps ; bien avant l’heure ! A. Colombet