LE PONT DE VAURES le 27 septembre 2012
Nous sommes 21 fantassins (comme il y a 3 ans) pour partir à la (re)découverte des gorges du Ramel entre BRANSAC et BEAUX.
Le temps est clément, mais les pluies qui ont arrosées la Haute-Loire ces derniers jours ont fait grossir la Loire.
Notre sentier longe agréablement cette Loire bien remplie, avant de monter sèchement sur le hameau de PEYRE où nous pouvons contempler au passage le four banal bien restauré. Nous empruntons alors le GR de Pays des Gorges de la Loire qui nous descend auprès du RIOUGRAND, avant de trouver un sentier qui s’élève sévèrement sur RANCHE où nous pouvons contempler au passage le four banal bien restauré. De là nous rejoignons COURENC, petit village si cher à Jean-Marc et à Nicole où nous pouvons contempler au passage le four banal bien restauré ; bon elle commence à ne plus être banale cette histoire de four !
Nous montons alors sur le plateau de la GARDE (qui se meurt et ne se rend pas ; c’est bien connu) où nous pouvons admirer du haut de ses 720 m d’altitude les sucs et les nombreux hameaux alentours. Joli coup d’œil qui mérite de s’attarder un instant, même si un léger vent vient refroidir les muscles saillants des valeureux marcheurs de la énième compagnie du régiment des Pieds Plats.
Le FRAISSE-HAUT nous invite à rejoindre le FRAISSE-BAS, et nous voilà reparti à la baisse (comme la bourse) pour rejoindre les vestiges d’une Chapelle Romane dédiée aux Saints Innocents, seule rescapée du Prieuré qui jouxtait un hameau actif et prospère. Rappelez-vous, ce hameau vit naître en 1705 NOËL DE JOURDA comte de VAUX, baron de ROCHE EN RÉGNIER, Maréchal de France, Grand Croix de Saint-Louis et pacificateur de la CORSE qu’il soumit en trois mois seulement en 1769 (essayez d’en faire autant de nos jours ?).
Le RAMEL situé en contre-bas nous défie. Ses eaux tumultueuses gonflées par les pluies récentes depuis QUEYRIÈRES où il prend sa source à 1200 m d’altitude, nous barrent le passage et nous interdisent l’accès à la rive opposée.
Puisque les gorges se refusent à nous accueillir, nous accompagnons le RAMEL en rive gauche jusqu’à la LOIRE qu’il vient grossir à son tour.
Le gué passé, nous rejoignons RANC ; puis après une montée longue et sévère nous atteignons LE BOUCHET, charmant village qui accueille nos libations. Et par miracle l’eau se transforme enfin en vin, rendant notre popote plus chaleureuse.
Après quelques variations sinueuses sur le plateau de SAINT MAURICE DE LIGNON, nous rejoignons la petite Chapelle Sainte-Marguerite.
Enfin, c’est par la route que nous tentons de regagner les bords de Loire, près de VAURES. Mais en chemin, notre préposée aux télécommunications (la radio de la compagnie) est la cible d’une attaque sournoise : le coup de l’antenne dans les pattes ! Et vlan ; boum et badaboum ! Le choc avec le macadam est rude. Rassurez-vous, le macadam va bien, mais Yvonne crie et crie à nouveau « pouce ». À pouce abîmé, jolie poupée ; aussitôt dit, aussitôt fait ; et la troupe reprend le chemin du retour.
Et c’est à BEAUZAC que nous décidons de partager le verre de l’amitié avant de se séparer.



Cette ancienne baronnie du Velay (850 m), une des plus ancienne seigneurie déjà mentionnée au Xe, mérite le détour. Le bourg médiéval de Roche autrefois clos, compte plusieurs belles maisons
bourgeoises et patriciennes qui témoignent de son riche passé ; le porche de la prévôté se dresse fièrement en son milieu ; mais de son château il ne subsiste que le donjon circulaire, emblème de
cette commune. Une halte dans ce village envoûtant s’impose ; la montée au donjon est raide, mais la vue y est sublime. De la table d’orientation nous apercevons moults sucs, dont celui de Miaune
qui nous invite à le rejoindre ; c’est le point culminant de notre escapade, où l’on compte bien se rassasier en terrasse ! Nous rejoignons donc Le Bois, sur le flanc Ouest de la Forêt de Miaune
; encore un effort et nous voici au belvédère de son suc éponyme, qui nous offre à 1066 m d’altitude une vue superbe et méritée ; dur, dur, n’est-ce pas M. G. ? Il faut dire que nous avons
pratiquement absorbé le matin tout le dénivelé positif de la randonnée et vidé plus de la moitié de nos outres pour étancher notre soif.
De gauche à droite s’offrent à notre vue, le plateau de la Madeleine, le suc de Chaumont, la ville de Retournac
derrière le château d’Artias, la Loire, les sucs des Ollières et d’Achon, le Pic du Lizieux, le Mont Meygal et son point culminant le Grand Testavoyre cher à Michel, le Mont Mézenc, le Mont
Alambre, la Roche du Bachat, le Rocher Tourte, la chaîne des monts du Velay, le Pic de Céneuil, et droit devant le Mont Gerbizon que nous reconnaissons… …Extase ineffable de l’éphémère face à
l’immuable ! Les blocs basaltiques forment des terrasses accueillantes aux abords de la végétation, à l’aplomb du suc ; c’est le lieu idéal pour festoyer et s’esbaudir. Qu’il fait bon se
restaurer, se reposer et s’attarder un peu en ce lieu enchanté et enchanteur. C’est à regret que nous devons quitter ce lieu délicieux où le temps semble suspendu ; mais pas question de « piquer
un bouton », il nous reste tant à voir. Nous descendons du suc en traversant la forêt de Miaune du Sud au Nord pour rejoindre Remège, puis bientôt Orserolles. Les sucs accompagnent encore nos
regards quand nous plongeons sur le château de Ribes que nous frôlons ; puis, nous contournons le suc de Chaumont, pour rejoindre Le Corset situé en contre-bas du château d’Artias. Planté sur un
piton rocheux à plus de 700 m d’altitude au dessus des gorges de la Loire, ce château féodal en ruines, connu dès l’an mil, défie le temps. Sa petite chapelle attenante du XIIe est de style
roman. Il nous toise.
Nous le défions ! Hardis compagnons, sus aux lutins qui
hanteraient ce lieu et se font entendre quand le vent tourbillonne entre les pans déchiquetés de ses murs torturés par le temps et l’oubli. À son sommet, une brise légère et bienvenue lèche la
silhouette altière et squelettique du corps de logis du château et nous rafraîchit des pieds plats jusqu’à la pointe des cheveux. Quel plaisir d’être là, en contemplation, dominant les méandres
de la Loire entre la plaine circulaire de Vousse (avec au loin Retournac), et Chamalières, comme ont pu le faire avant nous, ses illustres seigneurs. Mais il est déjà temps de quitter ce nid
d’aigle pyramidal, de rejoindre notre siècle et de redescendre sur Chamalières…pour retrouver nos cabriolets et leurs chevaux-vapeurs. C’est à Retournac que nous ferons « HALTE » (« Hé, À La
Tienne Étienne ! »), avant de nous égailler.